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PREVENTION ALCOOL

PREVENTION ALCOOL

 

Les effets de l'alcool

L'alcool n'agit pas toujours de la même façon; cela peut varier en fonction de la situation dans laquelle tu te trouves et de la quantité bue.

Plus tu bois, plus il y aura de l'alcool dans ton sang. Après deux bières, la concentration d'alcool dans le sang d'un garçon ou d'une fille de 12 à 14 ans est de 0,5 à 0,8 pour mille. L'alcool procure alors des sentiments de gaieté et une impression de chaleur. La consommation de petites quantités d'alcool rend plus décontracté et peut parfois faciliter le contact avec les autres, pour discuter ou inviter quelqu'un à danser, par exemple.

Cependant, avec ces mêmes petites quantités d'alcool, ton temps de réaction va être ralenti et ta concentration diminuée, ce qui pourrait provoquer de dangereux accidents à vélo ou à boguet.

En plus de la concentration d'alcool dans le sang, ton état d'esprit et ta forme physique vont aussi avoir une influence sur les effets ressentis. Si tu ne te sens pas bien dans ta peau, l'alcool pourrait aggraver ton problème, te rendre plus mal encore.

Penses-y : les enfants et adolescents sont beaucoup plus sensibles à l'alcool que les adultes et sont bien plus vite ivres qu'eux. Plus tu es jeune, plus tu ressens violemment les effets désagréables et dangereux de l'alcool. Sais-tu que, pour un jeune garçon au une jeune fille de 12 ans, la consommation de 10 à 12 bières (ce qui correspond à environ 2,4 pour mille), peut entraîner de graves symptômes d'intoxication, ayant même, dans bien des cas, des suites mortelles? Pas mal de jeux avec l'alcool, entre copains et copines, peuvent t'amener à boire beaucoup plus que ton corps ne peut supporter.

"Hooch"& Co

L'industrie de l'alcool a mis sur le marché des boissons très "mode", adaptées au goût des jeunes (p. ex- "Hooch", "Two Dogs"), qui se boivent facilement et vite. Sais-tu que ces boissons contiennent au moins autant d'alcool que la bière? Voilà pourquoi il ne faut pas sous-estimer leurs effets.

 

 

Risques

Ecole

C'est avec une tête claire que tu apprends le mieux. Même après de très petites quantités d'alcool, les capacités intellectuelles se dégradent déjà. Quelqu'un qui étudie en étant sous l'influence de l'alcool oublie plus vite ce qu'il apprend que celle ou celui qui travaille sans avoir bu.

Violence

En étant alcoolisé, l'envie de se bagarrer ou de réagir violemment augmente. Si quelqu'un est souvent dans cet état, ses amis et copains pourraient bien le laisser tomber.

Drague

Lorsque tu bois de l'alcool, tu peux te sentir plus entreprenant, avoir l'impression d'être plus courageux pour aborder quelqu'un. Mais ce n'est qu'une illusion; tu risques de te rendre ridicule, de dépasser les limites, de déranger. Etre ivre n'est pas vraiment un atout pour la drague.

Circulation routière

L'alcool agit très tôt sur tes capacités à conduire. Plus tu as bu, moins tu es capable de te concentrer sur ton engin ou de réagir à des situations inattendues. Lorsque tu te déplaces à vélo ou à boguet, il ne faut pas boire d'alcool du tout.

Dommages corporels

L'alcool n'est pas un produit de consommation comme les autres; il agit comme une drogue et cause de nombreux problèmes de santé. Une forte consommation d'alcool est nuisible à presque tous les organes humains, et peut entre autres causer des dommages à l'estomac, au foie et au système cardiaque ou encore détruire des cellules cérébrales. Chez les jeunes en pleine croissance, le corps réagit de manière particulièrement sensible à la consommation d'alcool.

Dépendance

Si tu bois regulièrement de l'alcool, tu prends le risque d'en devenir psychîquement et/ou physiquement dépendant.

 

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LA PREVENTION

Un concept dynamique

La démarche préventive du risque alcool a évolué dans ses objectifs, ses méthodes et ses moyens.
Elle est passée d'une démarche centrée sur le danger des produits et les conséquences morales de l'alcoolisme (début du XXème) à une démarche centrée sur une information scientifique et sans cesse actualisée du risque alcool.
Aujourd'hui, la démarche préventive est globale. Elle est constituée de l'ensemble des actions qui permettent de promouvoir la santé individuelle et collective.
Cette démarche globale prend en compte l'alcool et les autres produits psychoactifs, les personnes et le contexte de consommation.
La prévention du risque alcool conduit à repérer :
des sujets à haut risque : les jeunes, les femmes enceintes et les sujets comptant dans leur famille un parent biologique ayant un problème d'alcool (dépendance, cirrhose...)
des situations potentiellement dangereuses : manifestations collectives, route, monde du travail...
Elle se met en œuvre avec des méthodes participatives : l'intervenant en prévention n'est pas l'expert, c'est un animateur facilitateur, révélateur des potentialités individuelles

 

10 QUESTIONS/REPONSES SUR LE RISQUE D'ALCOOL

 

LA PREVENTION...........

1 - C'est empêcher les gens de boire ?
Non, l'interdiction n'est pas une solution.

Les boissons alcoolisées font partie de notre culture.
On observe une multitude de motivations de l'usage d'alcool : pour la fête, la convivialité, le plaisir, par curiosité, pour l'oubli, la " défonce ", pour prendre confiance en soi, comme remède au mal-être, pour faciliter les relations sociales.
En relation avec ces motivations, la prévention propose
Que chacun s'interroge sur le rôle que joue le produit dans sa vie.
La prévention vise à développer les possibilités de chacun à s'épanouir autrement qu'en ayant recours à l'abus d'alcool.
Etre soucieux de prévention, ce n'est pas devenir Monsieur anti-alcool ou madame H2O.

2- La prévention, c'est montrer les méfaits de l'alcool quitte à faire peur à l'aide d'images chocs ?
Non, la peur n'est pas un moyen efficace.

De nombreuses études montrent que l'information systématique et isolée utilisant le ressort de la peur et centrée sur les risques ne suffit pas à modifier les comportements de consommation.
Pour un public d'adolescents en recherche d'identité, la prise de risque et la transgression peuvent être attirantes, au-delà de l'émotion première suscitée par des images chocs.
L'usage abusif d'alcool comporte un ensemble de risques pour la personnes et son entourage. Il convient d'aider les personnes à identifier ces risques ainsi que les possibilités de les réduire.


3 - C'est sensibiliser dès l'enfance avant les premières consommations d'alcool : après c'est déjà trop tard ?
Non, ce n'est pas trop tard.

La prévention-alcool a effectivement plus de chance d'être efficace si elle commence tôt (mais pas sous n'importe quelle forme).
Avec l'enfant, on ne parlera pas d'alcool.
L'attitude éducative des adultes visera le développement des capacités d'agir, de choisir et de décider, la gestion des problèmes et des conflits.
Un peu plus tard, des références à l'alcool pourront
être introduites dans la réflexion sur le fonctionnement du corps humain, autour des besoins biologiques et psychologiques.
Avec des adolescents et des adultes, on s'intéressera
d'abord à leur point de vue sur les différents significations de la consommation d'alcool.
La prévention c'est utiliser des méthodes adaptées à la réalité des différents publics .

4 - C'est...uniquement pour les jeunes ?
Pas seulement !

Il est en effet important de mener des actions de prévention auprès des jeunes.
C'est au cours de l'adolescence qu'ils expérimenteront l'usage et l'abus d'alcool et très souvent en l'associant à d'autres produits (tabac, médicaments, substances illicites).
Il est nécessaire que les adultes s'interrogent sur leurs pratiques d'alcoolisation dans les contextes professionnels ou festifs.
C'est en étant le plus clair possible dans leur relation à l'alcool, qu'en tant que citoyens, ils peuvent jouer leurs rôles éducatifs auprès des plus jeunes.
Il n'en reste pas moins que les problèmes liés à la consommation d'alcool peuvent concerner tout le monde et tout au long de la vie :
Lors d'abus occasionnels dans un moment convivial ou festif,
Pour soulager durablement ou passagèrement un état de mal-être lié à des difficultés personnelles.

5 - C'est provoquer des rencontres avec des personnes abstinentes afin de faire connaître par où elles sont passées " ?
Non, cette démarche ne peut pas être privilégiée en prévention

La rencontre avec " d'anciens malades alcooliques " sous forme de témoignages fonctionne sur le registre de l'émotionnel.
C'est un moment fort, chargé d'émotion, pendant lequel l'auditoire est plein de compassion pour la souffrance présentée.
Il y a à la fois une sorte de fascination devant ce vécu parfois dramatique et en même temps une distance très grande : " je ne peux pas m'identifier à cette personne, sa souffrance n'a rien de commun avec ce que moi je ressens et je vis au travers de l'alcool (la fête, le plaisir, les effets positifs...) ".
La rencontre avec des personnes ayant eu un problème d'alcool peut avoir un intérêt s'il s'agit de répondre à la demande d'une personne ou d'un groupe qui a déjà engagé une réflexion (recherche, questionnement, expression, formation).

6 - C'est donner des informations scientifiques sur l'alcool, ses effets et ses conséquences néfastes ?
Oui, mais la prévention ne peut pas se réduire à l'information.

L'information peut participer à l'évolution des opinions, des attitudes et des comportements vis-à-vis de l'alcool si elle est recherchée par la personne elle-même et si cette information alimente une réflexion personnelle.
Il apparaît donc primordial que les activités proposées reposent sur une implication directe des personnes.
C'est la personne (enfant, adolescent, adulte) qui est au centre de la démarche de prévention.
Une action efficace ne peut pas se contenter d'être centrée sur la connaissance des produits car cela sous-entend que seul le produit serait à l'origine des troubles

7 - C'est augmenter le prix des boissons alcoolisées jusqu'à des prix prohibitifs ?
Non, ce n'est pas aussi simple.

Car lorsqu'on choisit de boire un demi plutôt qu'une limonade, c'est en général plus pour ressentir les effets de l'alcool que par souci d'économie.
Néanmoins, dans le cadre d'une politique nationale de prévention il est important de mettre en œuvre des mesures tendant à limiter l'abus d'alcool (réglementation de la publicité, augmentation des taxes...) et à encourager la consommation de boissons non alcoolisées.
Il faut aussi tenter de réduite le nombre de situations à risques (conditions de travail difficiles, stress, pression du groupe, habitudes culturelles...)
Ces mesures agissent sur l'environnement " sollicitateur " de notre société

8 - C'est mettre en place une législation plus sévère ?
Pour quel résultat ?

Il existe déjà en France une législation (alcoolémie légale, protection des mineurs et ivresse publique, loi Evin...) qui n'est que partiellement appliquée.
Avant de renforcer le dispositif, veillons plutôt à ce qu'il soit appliqué.
Tout doit être mis en œuvre pour une évolution des mentalités. Seule une prévention faisant appel à la réflexion et à la responsabilisation de chacun pourra efficacement et durablement engendrer des changements de comportements.
Pour cela, il faut y mette les moyens.
En 1999, la participation de l'Etat au financement de la prévention du risque alcool est égale à 1FF par an et par habitant (2 FF par an et par habitant pour le soin)

9 - C'est apprendre à bien boire ?
Pas seulement !

Une éducation au goût, en ce qui concerne l'alimentation, commence dès l'enfance. Le plaisir gustatif et la découverte des saveurs différentes contribuent à une ouverture culturelle.
Rechercher la qualité des boissons alcoolisées et leur usage modéré peut être un objectif de la prévention.
Mais n'oublions pas que le recours à l'alcool à l'adolescence est dans la grande majorité des cas motivé par la recherche des effets psychotropes (amélioration de la confiance en soi, meilleure communication, ivresse, " défonce "...).
Une prévention-alcool basée sur une notion de " savoir-boire " ou de " bine boire " se réfère à des jugements de valeurs qui diffèrent selon les groupes sociaux, les cultures régionales ou ethniques.
L'objectif est de développer les capacités à faire des choix et non d'imposer des comportements.

10 - C'est l'affaire des " spécialistes " : médecins, alcoologues, " anciens buveurs " ?
Surtout pas !

Si on considère que pour être efficace la prévention doit prendre en compte l'individu dans sa globalité, dans sa recherche d'un équilibre de vie, c'est donc l'affaire de tous, parents, éducateurs, enseignants, personnels de santé...
Il est conseillé de collaborer avec des personnes –ressources qui ont une compétence en éducation à la santé dans un esprit de partenariat.
Le dialogue et la parole sont les premiers outils de la prévention dans le milieu familial, éducatif ou scolaire.
Quand l'échange est difficile, d'autres moyens d'expression et de valorisation peuvent être utilisés, d'autres interlocuteurs peuvent être proposés

Dernière mise à jour de cette page le 12/04/2010