06 MARS 2012 –
Présidentielle : les Français s'ennuient
65% des personnes interrogées jugent la campagne "pas intéressante", contre 34% "intéressante", selon un sondage Ipsos-Logica pour France Télévisions, Radio France et Le Monde.
Est-ce l'effet de la crise économique ou la multiplication des polémiques en tous genres ? A 47 jours du premier tour, les Français s'ennuient. C'est en tout cas l'un des principaux enseignements du sondage Ipsos-Logica pour Le Monde-France Télévisons et Radio France. En effet, 65% des personnes interrogées jugent la campagne "pas intéressante", contre seulement 34% "intéressante. Elles sont 73% à considérer que l'on ne parle pas assez des retraites comme du logement. En revanche, pour 43% d'entre elles, on parle trop de la crise économique et financière et pour 34% de la dette publique et des déficits.
Cet ennui peut-elle faire grossir les rangs des abstentionnistes le 22 avril prochain ? En ce qui concerne la participation, 78% des électeurs déclarent avoir l'intention d'aller voter, mais, Ipsos met en garde, "l'expérience indique que les électeurs surestiment leur participation" et "ces chiffres sont donc à interpréter avec prudence". L'abstention potentielle va être regardée de près dans les équipes des campagne des candidats car, comme on l'a vue en 2002 (28%, taux d'abstention record), plus l'abstention est forte, plus les candidats du vote contestataire ou extrême sont valorisés.
Ce manque de contenu dans le débat présidentiel semble avantager les challengers, au détriment du duo Hollande-Sarkozy, selon Ipsos. Ainsi, François Hollande, toujours en tête des intentions de vote, et Nicolas Sarkozy, derrière lui, cèdent deux points tandis que Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon en gagnent 1,5 et François Bayrou 1. Avec 29,5% des intentions de vote, le candidat socialiste maintient son écart de 4,5 points sur Nicolas Sarkozy (25%) par rapport aux 24 et 25 février. Marine Le Pen (+1,5 point) recueille 17,5% des intentions des vote. Elle est suivie de François Bayrou (12,5%, +1 point) et de Jean-Luc Mélenchon (9,5%, +1,5%).
Selon l'enquête, 50% des électeurs de F. Bayrou reporteraient leur vote sur M. Hollande au second tour et 17% sur M. Sarkozy, les 33% restants n'ayant pas exprimé d'intention de vote. 87% des électeurs de M. Mélenchon voteraient Hollande et 1% Sarkozy. Enfin 23% des électeurs de Mme Le Pen opteraient pour le candidat socialiste, et 33% pour le président sortant. En ce qui concerne la participation, 78% des électeurs déclarent avoir l'intention d'aller voter, mais, Ipsos met en garde, "l'expérience indique que
les électeurs surestiment leur participation" et "ces chiffres sont donc à interpréter avec prudence".
Sondage réalisé par téléphone les 2 et 3 mars auprès d'un échantillon représentatif de 966 personnes âgées de 18 ans et plus. Méthodes des quotas.
06 MARS 2012 –
Bordeaux : quand la campagne présidentielle entre au conseil municipal
Séance agitée pour Alain Juppé hier après-midi. La politique nationale s'est immiscée par effraction dans le débat local.
« Je parle par-dessus vous, on ne vous entend plus ! », a fini par lâcher Alain Juppé à l'adresse de Jacques Respaud tout en lui proposant de débattre à l'extérieur de la mairie. (photo Thierry David)
Ils se sont mis à deux pour lui faire prendre la mouche. La grosse colère, mâchoires crispées et poings fermés. Alain Juppé pourtant décidé à « ne pas mélanger politique nationale et conseil municipal de Bordeaux » a menacé le socialiste Jacques Respaud de « sortir dans le café d'à côté pour débattre de ça ». Puis, il a coupé le micro de l'autre socialiste Matthieu Rouveyre tandis que ce dernier profitait de la tribune pour critiquer le discours du candidat Sarkozy à Bordeaux, samedi.
Les choses avaient plutôt démarré tranquillement, comme un lundi. Véronique Fayet, adjoint aux affaires sociales présentait le bilan étape du projet social. Forcément positif puisqu'à ce jour 85 % des actions prévues sont en phase de réalisation. Suivaient les interventions éclairées des élus concernés par ce projet, Arielle Piazza et ses apprentis nageurs, Yohan David et son tutorat d'entreprise, Brigitte Collet et ses ateliers pour papas divorcés, Élizabeth Touton et les mal-logés, Anne Brézillon, Nicolas Brugère… tous satisfaits de présenter à leur maire leur bon boulot.
Au fil des dossiers
Pharmacie Victor-Hugo La Ville a voté une indemnité d'éviction pour la propriétaire du fonds de commerce, Virginie Aubrion veuve du pharmacien, sachant que le commerce va être déplacé en raison du projet de salles des sports, en lieu de l'ancien marché Victor-Hugo. Marie-Claude Noël, élue verte, a déclaré regretter « la petitesse et le manque d'élégance de la ville, car la propriétaire a perdu de l'argent dans l'affaire ». Réponse de l'adjoint, Hugues Martin : « Vous avez tout faux dans ce dossier, la pharmacie a été vendue pour 150 000 euros. » (ndlr : compte tenu du retard de décision, Madame Aubrion fait une opération blanche, elle aurait pu gagner 80 000 euros si l'affaire avait été conclue dans les temps.)
Conseils de quartier Patrick Papadato, élu vert, a interrogé le maire à propos des nouveaux conseils de quartier : « J'ai assisté à celui du centre-ville, les nouveaux conseillers ont été présentés, mais il n'y a pas eu de vote en Conseil municipal. Quid de l'avis de l'opposition ? » Alain Juppé a répondu que les conseils nouvelle formule étaient en gestation : « C'est une expérimentation, nous ferons une évaluation. Votre intervention tombe à plat. »
Quartiers à requalifier Elizabeth Touton a présenté la suite du programme national de requalification des quartiers anciens dégradés, donnant à l'opposition l'occasion de faire une piqûre de rappel sur les dossiers InCité.
Restructuration de la gare St-Jean La convention de financement relative aux études d'avant-projet pour les travaux de restructuration de la gare a été votée.
Des abeilles et des bonzaïs Des actions de sensibilisation autour des abeilles seront mis en place à la Maison du jardinier et une expo Bonzaï se tiendra les 31 mars et 1er avril au Jardin Botanique.
Où en est-on de la pauvreté ?
Puis, Jacques Respaud a demandé la parole : « Vous êtes une magicienne Madame Fayet, a-t-il commencé. Vous prétendez faire reculer la précarité, la pauvreté, le mal-logement, et nous partageons pleinement vos actions. Mais quel lien existe-t-il entre vos actions et les objectifs réels ? Où en est-on de la pauvreté à Bordeaux ? Nous sommes sceptiques. Vous mettez une rustine sur un pneu poreux. »
Jusque-là tout allait bien. Mais Jacques Respaud a haussé le ton et dérapé sur le ministre de l'Intérieur Claude Guéant, la suppression des Rased, la paupérisation des Français et là, Alain Juppé a bondi. « Pas de diatribe sur la politique nationale. Monsieur Guéant n'a rien à voir avec la politique de la ville. Hors sujet. » Indifférent au courroux du maire et néanmoins ministre, Respaud continuait à accuser le gouvernement actuel au micro. « Je parle par-dessus vous, on ne vous entend plus !, criait Alain Juppé. Allez, on va sortir dehors, dans le café à côté et on va ouvrir un débat. »
La colère fut brève, la sieste était terminée. Intervient ensuite, toujours sur ce dossier du projet social, Matthieu Rouveyre. « Attention à l'autosatisfaction, lâche-t-il à l'attention des élus de la majorité. Non, la situation des personnes âgées, des jeunes, des mal-logés est très loin d'être réglée. Bordeaux est encore loin des 20 % de logements sociaux obligatoires. Ce document, le rapport sur le projet social, est l'arbre qui cache la forêt, à Bordeaux 25 % de la population vit encore sous le seuil de pauvreté. Et la ville accueillait un candidat le week-end dernier, qui dans son discours prône la haine des uns envers les autres… »
Blanc de rage, les poings tremblants, Alain Juppé a appuyé sur l'interrupteur du micro de Matthieu Rouveyre : « Inacceptable ! J'interromps votre intervention. Vous respirez la haine, surtout quand vous vous adressez à moi… »
Évidemment, les échanges successifs ont, comme on dit, jeté un froid. D'autant que du coup, en dehors des piques, les dossiers sont effleurés. Accessoirement, le maire a rappelé que Bordeaux avait progressé en matière de logement social : « On est quand même passé de 15 % à 16 % », a-t-il précisé. Mais le cœur n'y était plus. Il y eut la présentation du Centre culturel et touristique du vin qui livra quelques précisions sur l'avancement du projet, puis le contrat de co-développement entre la CUB et la Ville a remué mollement les vieux débats. Celui sur le grand stade qui a permis à Marie-Claude Noël, élue verte, d'en remettre une couche, contre cette initiative « qui n'a toujours pas vu sa première pierre. On peut donc espérer… »
Alain Juppé a tordu le nez : « Le grand stade se poursuivra si le président actuel est réélu. Le grand stade se poursuivra aussi si c'est l'autre, car deux projets similaires sont prévus, l'un à Lyon et l'autre à Lille, où je suppose les maires auront des arguments pour le convaincre. »
In fine, Matthieu Rouveyre a quand même glissé au maire de Bordeaux : « Je n'ai aucun sentiment de haine à votre égard. » Et là, tout le monde a mieux respiré…
06 MARS 2012 -
Nicolas Sarkozy veut diviser l'immigration par deux
PARIS (Reuters) - Nicolas Sarkozy a déclaré mardi soir vouloir diviser par deux le nombre d'immigrés accueillis en France et imposer des conditions à l'attribution du minimum vieillesse et du Revenu de solidarité active (RSA) à des étrangers, s'il est réélu le 6 mai.
"Sur le quinquennat, je considère que pour relancer dans de bonnes conditions l'intégration, il faut diviser par deux le nombre de gens que nous accueillons, c'est-à-dire passer de 180.000 (par an) aux alentours de 100.000", a dit le chef de l'Etat, qui brigue un second mandat, lors de l'émission "Des paroles et des actes" sur France 2.
Il a aussi dit vouloir étendre aux candidats au mariage avec une Française ou un Français les conditions de revenus et de logement pour l'attribution d'un titre de séjour - conditions déjà appliquées au regroupement familial, ce qui a permis de réduire de 25.000 à 15.000 personnes par an le nombre d'immigrés pouvant venir résider en France par cette procédure.
Concernant les candidats au mariage, cela concernerait environ 50.000 personnes par an.
Il propose également de soumettre les candidats au mariage et au regroupement familial à un examen sur la pratique du français et la connaissance des valeurs de la République.
Cet examen, qui serait effectué dans les consulats de France, ne serait pas appliqué aux enfants de moins de 16 ans. Nicolas Sarkozy a souligné que cette procédure existait déjà pour l'Allemagne, la Grande-Bretagne et les Pays-Bas.
Nicolas Sarkozy a par ailleurs dit vouloir régulariser les immigrés illégaux "pour cas humanitaire" plutôt que de parler de régularisation au cas par cas.
Il propose de subordonner l'attribution du RSA et du minimum vieillesse à des étrangers à des conditions de présence sur le territoire et d'activité. "Dix ans de présence sur le territoire et cinq ans d'activité pour bénéficier du RSA", a-t-il précisé.
Il y a aujourd'hui 165.000 étrangers bénéficiaires du RSA et 20.000 touchant le minimum vieillesse, a-t-il rappelé.
En revanche, il a assuré que rien ne serait changé concernant le droit des étrangers à bénéficier de la couverture maladie universelle (CMU) et de l'aide médicale d'urgence.
"La tradition de la France, c'est de soigner quelle que soit la nationalité", a expliqué le président-candidat. "Je ne souhaite pas qu'on remette en cause cette générosité française à l'égard des étrangers", même s'ils sont en situation illégale.
"Un étranger qui arrive en France, au bout de trois mois a le droit d'être soigné, c'est l'honneur de la France", ajouté Nicolas Sarkozy, qui a dit ne pas partager sur ce point l'avis de la candidate du Front national, Marine Le Pen, qui veut mettre fin à cette situation.
Concernant les étrangers en situation illégale, "on les soigne et ensuite on les renverra chez eux", a précisé le chef de l'Etat, qui a réaffirmé qu'il solliciterait par référendum l'avis des Français sur la mise en place d'un juge unique pour décider de garder ou non un étranger en France.
05 MARS 2012 –
Des mariages homos symboliques pour interpeller les Toulousains
150 à 200 personnes se sont réunies samedi à Toulouse pour célébrer en public trois mariages symboliques. Une initiative visant à rappeler l'engagement de François Hollande en faveur de l'égalité des droits, qui a reçu un très bon accueil de la population.
Le lieu-même était symbolique: Esplanade François-Mitterrand en hommage à celui qui dépénalisa l'homosexualité en France. Samedi, en milieu de journée, le Mouvement des jeunes socialistes, Homosexualités et socialisme et le Secrétariat fédéral à la diversité du PS de Haute-Garonne ont organisé une cérémonie symbolique de mariages concernant l'égalité d'accès au droit des personnes LGBT. Nombreux étaient les élus socialistes locaux à participer à la manifestation: l'union d'un couple hétéro, d'un couple gay et d'un couple composé d'une femme hétérosexuelle et d'une trans.
Malgré l'aspect éminemment politique, les organisateurs assurent ne pas avoir fait qu'une campagne de tractage mais rappellent que «les avancées en terme de droits des personnes LGBT viennent des actions de la gauche et du parti socialiste en particulier». Sébastien Kinach, secrétaire fédéral et «marié symbolique» ne craint pas que l'initiative soit perçue comme un coup de publicité pour le PS. «L'idée était de marquer les esprits. Il y a un ras le bol général: les hétéros aussi ont marre que la droite oppose les citoyens à cause de leur orientation sexuelle. On en est à un tel point qu'on ne peut pas accuser le PS de récupération!»
La France au goût du jour
Tout était prévu pour interpeller les badauds: tapis rouge, échange des anneaux, pupitre officiel et même défilé de voitures. Les Toulousains ont accueilli très favorablement l'opération, l'ambiance semblable à n'importe quel mariage était bon enfant. Les passants ont massivement soutenu les revendications du collectif, certains formant de leurs doigts le V de la victoire. Pour Sébastien Kinach, fier du succès de cette action locale, «on a rempli notre objectif. Aucun dérapage verbal n'a été à déplorer, bien au contraire. L'enthousiasme de la population conforte l'idée que les hétéros sont favorables à l'égalité face au mariage.» Sur le livre d'or mis à disposition, des passants anonymes signent: «Il est temps que la France se mette au goût du jour. Egalité pour toutes et tous!»
05 MARS 2012 –
Présidentielle: un pacte anti-Hollande chez nos partenaires européens?
Pour la presse allemande, le candidat socialiste fait l'objet d'un boycott de la part de certains de nos plus importants partenaires.
L'Union européenne a fait hier une irruption remarquée dans la campagne électorale française. Un thème qui avait été ces derniers temps bien enseveli sous les polémiques autour de la viande halal, l'imposition des plus riches ou la vision par les principaux candidats d'une République irréprochable. La révélation est arrivée via l'hebdomadaire allemand « Der Spiegel », souvent bien informé.
Selon ce magazine, Angela Merkel (la chancelière allemande), Mario Monti (le président du Conseil italien), Mariano Rajoy (le chef du gouvernement espagnol), ainsi que David Cameron (le Premier ministre britannique) se sont mis d'accord « verbalement » pour ne pas recevoir d'ici à l'élection présidentielle François Hollande, le candidat du Parti socialiste, qui fait pourtant la course en tête dans les sondages.
Quatre conservateurs
Certes, ces quatre dirigeants, à la tête des plus grands États membres de l'Union européenne (avec la France), sont tous issus d'une majorité politique à tendance conservatrice. Mais là ne serait pas la principale raison de ce qui ressemble à un « pacte anti-Hollande ».
Le cœur de la discorde est ailleurs : le chef de file des socialistes français veut renégocier à Bruxelles, en cas de victoire en mai, le pacte budgétaire européen, pourtant acquis de haute lutte, après de multiples sommets ces derniers mois. Un pacte qui définit entre autres les modalités du sauvetage financier de la zone euro et en particulier de la Grèce, un de ses maillons faibles. D'après le média d'outre-Rhin, ces dirigeants ligués seraient « scandalisés » par cette promesse de campagne.
Berlin a aussitôt démenti hier un quelconque boycott, tout en confirmant l'absence de rendez-vous entre la chancelière et l'élu de Corrèze. Rendez-vous que ce dernier a sollicité, mais il est vrai que Mme Merkel a pris publiquement parti pour le candidat Nicolas Sarkozy, avec qui elle travaille depuis des années.
« Problème de crédibilité »
« Cette information ne m'impressionne pas, a réagi hier François Hollande. Le peuple français décidera de son avenir. Ce ne sont pas les dirigeants européens, que je respecte par ailleurs, qui doivent peser sur sa décision. ».
Du côté de l'équipe sortante, l'information a été commentée par Nathalie Kosciusko-Morizet, porte-parole de Nicolas Sarkozy. « Il est ridicule que François Hollande essaie d'imaginer un complot des dirigeants européens contre lui. Je crois surtout qu'il a un problème de crédibilité en Europe et sur la scène internationale. Il se cherche un responsable. Il joue les fiers-à-bras », a-t-elle estimé. Reprenant là un thème que l'UMP aimerait développer. Mais il est vrai que les Français semblent plus intéressés dans cette campagne par les questions de politique intérieure.
05 MARS 2012 –
Un Français sur deux favorable à l'adoption pour les couples homosexuels
Un Français sur deux (51%) est aujourd'hui favorable à l'adoption pour les couples homosexuels, indique un sondage Ifop pour Femme actuelle et Enfant magazine publié lundi. | LP/Matthieu de Martignac
Un Français sur deux (51%) est aujourd'hui favorable à l'adoption pour les couples homosexuels, indique un sondage Ifop pour Femme actuelle et Enfant magazine publié lundi. En 2005, 46% des Français y étaient déjà favorables. Sans surprise, l'adoption homoparentale est rejetée par la majorité des personnes les plus âgées, des catholiques, et des personnes situées à droite de l'échiquier politique.
SUR LE MÊME SUJET
La majorité des personnes âgées de 50 ans et plus (59%) mais aussi des catholiques, qu'ils soient pratiquants réguliers (78%) pratiquants occasionnels (65%) ou non pratiquants (52%), rejettent l'adoption homoparentale. Si l'on prend en compte la couleur politique des personnes interrogées, 36% des sympathisants de gauche y sont opposés, contre 59% des sympathisants du Modem, 65% des sympathisants de la droite parlementaire et 70% des sympathisants FN, souligne le sondage. Rappelons que le candidat socialiste Français Hollande s'est dit favorable au mariage et à l'adoption par les couples homosexuels, alors que le président Nicolas Sarkozy s'y est déclaré opposé.
D'autres sujets font l'unanimité
L'égalité des droits entre couples homosexuels et hétérosexuels fait en revanche l'objet d'un large assentiment en matière de fiscalité (78%) et de droits de succession (79%), souligne aussi le sondage.
Plus de huit Français sur dix (83%) sont aussi favorables à un véritable statut du beau-parent dans les familles recomposées (droit de visites, obligation de subvenir aux besoins des enfants...), soit une proportion en nette hausse par rapport à celle mesurée il y a quatre ans (67%).
Par ailleurs, dans le contexte de crise économique actuelle, la proportion de Français favorables à la suppression des prestations familiales pour les foyers aux plus hauts revenus atteint un niveau record (77%), souligne le sondage. A titre de comparaison, le nombre de personnes souhaitant un plafonnement des allocations familiales était de 72% il y a dix ans (2002) et de 70% il y a vingt ans (1992), est-il rappelé.
28 FEVRIER 2012 –
Christian Vanneste: Les militants de la cause homo
«prolifèrent dans nos rangs»
Dans une lettre adressée au chef des députés UMP, l'élu du Nord crie au «lynchage» et met en garde contre la prolifération des homos et de leurs défenseurs dans le parti présidentiel, selon lui «par cooptation».
Le député UMP du Nord, Christian Vanneste, s'insurge. Dans une lettre adressée au chef de file des députés UMP, Christian Jacob, il revient sur le tollé provoqué par ses propos sur la «légende de la déportation des homosexuels», dénonçant «une opération médiatique» montée contre lui.
«Prétendue promesse»
Christian Vanneste dénonce le «lynchage» dont il a été l'objet après ses déclarations dans une vidéo du 10 février sur le site www.libertepolitique.com. «Le but était de démontrer la capacité du groupe de pression à désinformer. Les événements ont largement dépassé mes pires craintes» explique-t-il.
L'UMP lui a retiré la semaine dernière son investiture pour les prochaines législatives et l'éventuel renouvellement de son mandat. Mais le parti n'a pas prononcé son exclusion, pourtant annoncée, assurant que l'intéressé s'était engagé à quitter de lui-même le parti. Une version remise en cause par Christian Vanneste: «D'autres [responsables de l'UMP] ont essayé de camoufler l'impossibilité juridique dans laquelle ils étaient de demander mon exclusion, pour avoir simplement mentionné une vérité historique. Ils se sont autorisés alors à annoncer une prétendue promesse de ma part de quitter la vie politique.»
«Les militants de la cause y prolifèrent»
«Mes interventions sur l'homosexualité sont rares, beaucoup moins dures que certains de nos amis. Elles sont fondées sur des connaissances historiques, psychologiques, anthropologiques» mais suscitent «invariablement une censure, qui tend à m'interdire d'évoquer le sujet, sans doute en raison même de la pertinence même de mes propos», affirme l'élu du Nord.
«Cette police de la pensée est intolérante et donc intolérable. Elle règne cependant dans nos rangs», «en proportion des militants de la cause qui, par cooptation, y prolifèrent. Vous devriez davantage y prendre garde», écrit encore M. Vanneste à M. Jacob. Le député nordiste critique aussi le poids au sein de l'UMP d'un «groupe de pression communautariste et intolérant», sans citer GayLib, l'association de défense des droits LGBT proche de l'UMP, qui a pourtant pris ses distances il y a quelques semaines avec Nicolas Sarkozy, à la suite de ses prises de position contre l'ouverture du mariage aux couples de même sexe.
28 FEVRIER 2012 –
Mort sur un lieu de drague gay à La Rochelle:
le jeu sexuel aurait mal tourné
Le corps d'un jeune homme de 25 ans a été découvert sur un lieu de drague vendredi matin. L'autopsie pratiquée hier a conclu à une mort par étouffement, mais la piste du crime homophobe semble exclue.
Vêtu d'une combinaison dont l’arrière, au niveau des fesses, était découpée, menotté, portant un masque à gaz sur le visage, Maxime (le prénom a été modifié à la demande de la famille), dont le corps a été découvert vendredi matin, parc d'Orbigny à La Rochelle, serait mort asphyxié. Il avait 25 ans.
La communauté perturbée par l’affaire
Voici en substance les premières conclusions tirées hier soir, lundi 27 février, de l'autopsie pratiquée la veille. Et c'est l’hypothèse d’un jeu sexuel ayant mal tourné qui est désormais la piste privilégiée par les enquêteurs, non celle d’un crime homophobe. La victime serait en effet décédée de l'équivalent du jeu du foulard, une pratique consistant à s'étrangler ou s'étouffer pour de plus grandes sensations lors de relations sexuelles notamment...
Si la communauté, qui a craint tout le week-end être confronté à un crime homophobe, peut en quelque sorte être rassurée, elle n'en reste pas moins perturbée par l'affaire.
«Il a été abandonné»
«Moi et mes potes on se dit que ce gars, il était pas tout seul quand c'est arrivé, qu'un jeu sexuel ça se pratique au moins à deux et que personne n'a été prévenu que ça avait mal tourné, confie Teddy. Il a été abandonné. Peut-être aurait-il pu être sauvé si les secours avaient été prévenu, même anonymement. En même temps je sais pas comment j'aurais réagi dans de telles circonstances...».
Bertrand Gire, ancien président du centre LGBT de Charente maritime et militant actif, opine: «S'il s'agit effectivement d'un accident, il révèle peut-être aussi un véritable besoin de prévention et d'éducation en matière de pratique SM. Alors si je crains bien sûr les réactions homophobes stigmatisant notre population au travers de ce qui semble avoir été un jeu sexuel sadomasochiste, j'espère que la communauté gay fera preuve de tolérance. On a longtemps été mis à la marge, on a dû s'organiser parfois de manière clandestine, alors faisons attention à ne pas mettre à l'écart, à l'intérieur même de notre groupe, des hommes et des femmes sous prétexte qu'ils ont des pratiques disons ‘‘marginales’’. Le tabou des relations SM est réel. Depuis vendredi j'ai croisé quelques gars qui s'interrogeaient ouvertement sur ce que cette affaire allait avoir comme conséquences sur l'image de la communauté, jugeant ces pratiques comme déviantes. Je crois que pour l'heure, ils feraient mieux de penser à la famille qu'à leur image...»
28 FEVRIER 2012 –
Mobilisation à Paris contre la loi homophobe de Saint-Pétersbourg
Le texte qui interdit la «propagande» homo envers les mineurs pourrait être adoptée demain par le Parlement de la 2e ville russe. Plusieurs manifestations de protestations sont organisées à travers le monde.
Une soixantaine de personnes ont organisé une flashmob mardi à côté du centre Pompidou à Paris, afin de protester contre le projet de loi qui vise à interdire la «propagande» homosexuelle qui pourrait être adoptée mercredi au Parlement local de Saint-Pétersbourg, après validation en deuxième lecture le 1er février.
Les manifestants portaient des banderoles affirmant «censure anti-homo? sans moi!» ou «Saint-Pétersbourg, n'y allez pas!». Si la nouvelle loi est promulguée par le gouverneur, «il ne sera plus possible de parler d'homosexualité, d'évoquer par exemple dans un journal l'homosexualité de Tchaïkovski, sans être censuré», a affirmé Guillaume Bonnet, un des porte-parole du mouvement AllOut.org qui co-organise la manifestation avec l'InterLGBT et d'Act Up.
«Opposez votre veto»
Le gouverneur Gueorguiy Poltavchenko a dix jours pour opposer son veto à cette loi qui peut être un obstacle au développement du tourisme en Russie. «La réputation touristique et culturelle de Saint-Pétersbourg est en jeu. Ne risquez pas de l'écorcher. Opposez votre veto», demandent les associations.
Selon le projet de loi, toute personne commettant «un acte public» de promotion de l'homosexualité, de la bisexualité ou de la transsexualité à l'adresse de mineurs peut être condamnée à une amende allant jusqu'à 3.000 roubles (72 euros). De leur côté, les organisations risquent entre 10.000 (241 euros) et 50.000 roubles (1.205 euros).
Des manifestations similaires sont ou doivent être organisées à New York, Buenos Aires, Rio de Janeiro, Berlin, Hambourg, Rome ou Anvers.
28 FEVRIER 2012 –
Mardi: la nuit gay de Canal+
est consacrée à l'homoparentalité
Pour sa nouvelle nuit gay, Canal + consacre sa programmation aux thématiques de l'homoparentalité et de l'adoption. Au menu: un excellent doc, la première diffusion de «Tout va bien: The kids are all right», et un court-métrage très malin.
TOUT VA BIEN: THE KIDS ARE ALL RIGHT
Venue de la scène indépendante, la cinéaste Lisa Cholodenko (High Art, Laurel Canyon) pose un regard juste sur le quotidien d'une famille gay dans le sud de la Californie. Le duo Julianne Moore/Annette Bening irradie ce film qui a été un gros succès.
Ils sont très rares, les films qui savent dépeindre le quotidien de familles gays sans se prendre les pieds dans le tapis, en grossissant le trait ou en y injectant une bonne dose de fantasmes. Vaguement autobiographique, cette comédie de Lisa Cholodenko, très remarquée lors de ses passages aux festivals de Sundance et Berlin, a révèle le quotidien de deux lesbiennes, mères de deux enfants. Nic et Jules sont mariées depuis des années, elles vivent dans le Sud californien avec leurs deux enfants adolescents, Joni et Laser, conçus par insémination artificielle. Alors que Joni s'apprête à partir pour l'université, son frère de 15 ans la convainc de retrouver et contacter leur père biologique. Mais l'arrivée de Paul, un restaurateur séduisant, ne se fera pas sans vague...
Le talent de ce Kids Are All Right est d'avoir fait du duo féminin un couple comme les autres qui s'aime, s'ennuie, se dispute avec tous les hauts et les bas d’une vie quotidienne. Avec en plus un humour très fin qui, sans en faire trop, parvient à faire passer la pilule du drame familial sans encombre. La distribution est brillante: Annette Bening rayonne, Mark Ruffalo déborde de charme et Julianne Moore est très drôle. Pas étonnant que ce film touchant et frais ait eu un tel succès.
Un film de Lisa Cholodenko avec Annette Bening, Julianne Moore, Mark Ruffalo, Mia Wasikowska et Josh Hutcherson. Comédie. 1h44.
A 20 h 50 sur Canal +
MES PARENTS SONT HOMOS
Ce documentaire inédit autour de l’homoparentalité et de l’adoption a choisi un angle original. Il ne se place pas du côté des parents gays mais de celui de leurs enfants et plonge dans l’intimité de ceux-ci, élevés par des homos…
Ils ou elles s’appellent Asa (3 ans et demi), Antoine (20 ans), Edith (25 ans) ou Caroline Cécile (45 ans). Ils font partie de ces 100.000 à 300.000 enfants qui, selon les associations, auraient au moins un parent homo et ont été conçus par un don de sperme anonyme ou par mère porteuse. Ils ont décidé de témoigner pour raconter leur quotidien. Souffrent-ils de l’absence du père ou de la mère? Quel regard leurs camarades ou la société portent-elles sur eux? Comment ont-ils vécu le coming out d’un de leurs parents? Comment construisent-ils leur identité sexuelle?
Andréa Rawlins-Gaston, la réalisatrice, a recueilli ces témoignages avec beaucoup d’intelligence, laissant parler enfants et parents. En laissant aussi parfois place à leur silence. C’est un documentaire riche et sans angélisme, dans lequel, quels que soient les défis à affronter ou les obstacles à surmonter, l’amour est toujours au cœur de tout.
A 22h35 sur Canal +
CE N'EST PAS UN FILM DE COWBOY
Dans la foulée du documentaire, Canal + poursuivra la soirée avec un court métrage très malin sur l’homosexualité. Et ses clichés. Dans un collège.
Deux collégiennes et deux collégiens discutent à bâtons rompus de leurs impressions après avoir découvert le film Brokeback Mountain. Un court-métrage d'une belle finesse, drôle, qui joue sur les clichés homos et les détourne avec humour. Les quatre tout jeunes comédiens sont tout simplement bluffants de naturel. Co-écrit et réalisé par Benjamin Parent, celui-ci prépare un film où il racontera le coming out de son père. On a hâte de voir!
A 23 h 40 sur Canal +
27 FEVRIER 2012 –
Un centre d'accueil LGBT ouvre ses portes à Toulouse
Inauguré officiellement le 20 février dernier, le nouveau centre d'accueil LGBT toulousain ouvrira ses portes au public samedi 10 mars.
Espace des diversités et de la laïcité et centre LGBT: la maison commune de plus de deux mille mètres carrés installée au 38 rue d'Aubuisson, à Toulouse, se veut un lieu ouvert permettant «un croisement des publics». Le fonctionnement de ce lieu municipal a été confié à un comité d'animation représentant pas moins d'une vingtaine d'associations. A ce jour, l'utilisation des six salles de réunion, de la salle d'exposition et de l'auditorium n'est pas arrêtée et des plages de présence restent encore à attribuer. Il ne devrait pas y avoir d'accueil tout public en semaine, en tout cas dans un premier temps. Toutefois, une permanence «convivialité» se tiendra tous les samedi après-midi, de 14h à 17h, une exigence de Jean-Philippe Mauve, co-référent du centre pour la fédération Arc-En-Ciel. «Quatre bénévoles par mois accueilleront le public sur ces tranches horaires. Un bureau confidentiel est aussi à la disposition des personnes qui ont besoin de se confier, de parler de problématiques plus intimes.»
Bibliothèque et abonnements
Expos, brochures et flyers seront à la disposition des visiteurs, ainsi qu'un accès wifi gratuit, un minibar, une télévision grand écran et un lecteur Dvd. Une bibliothèque et des abonnements aux magazines TÊTU et Causette, aux quotidiens Le Monde et La Dépêche du Midi sont aussi prévus. Le 17 mai prochain, des animations ponctuelles seront organisées dans le centre pour la journée contre l'homophobie. En revanche, le comité d'animation ne prévoit rien à l'occasion de la marche des fiertés qui bénéficie déjà d'une bonne visibilité et d'un village associatif place du Capitole. A terme AIDES pourrait éventuellement profiter du lieu pour proposer des tests de dépistage rapides. En attendant, le rendez-vous est pris samedi 10 mars pour la première rencontre du public toulousain avec son Espace de la diversité et son centre LGBT.
25 FEVRIER 2012 –
Brigitte Goldberg: La trans qui vise la présidence
Trans et militante LGBT, Brigitte Goldberg se présente à la présidentielle. Une candidature symbolique pour peser sur la gauche et rappeler au PS ses promesses.
Elle sait qu'elle ne sera pas élue, mais elle aura tenu plus longtemps que Christine Boutin. Pour quelques jours encore, Brigitte Goldberg est candidate à la présidentielle. Sa particularité: elle représente le parti Avenir 2012, issu du collectif LGBT Trans Europe, et elle est elle-même trans. D'emblée, elle balaie tous soupçons de communautarisme autour de son projet: «Notre parti porte des valeurs de respect, de liberté, d'égalité, pour les LGBT comme pour tous. Ce sont des valeurs républicaines.»
Pas «folklorique»
Si elle refuse de s'auto-proclamer porte-parole «d'une communauté politiquement diverse», son programme en matière de droits LGBT est un des plus denses et friendly de tous les candidats en lice. Elle promet notamment le droit au mariage, à l'adoption, à la PMA ou encore à la Gestation pour autrui. «Nous avons une vraie légitimité pour ces questions, nous sommes quand même le premier parti à avoir une candidate trans, estime-t-elle. Je souhaite également améliorer les droits des trans, faire de la lutte contre le sida une Grande cause nationale et combattre toutes les discriminations à l'Education Nationale».
Et son programme va au-delà des questions LGBT. Elle martèle que sa candidature n'est pas «folklorique». Pour prouver que son but n'est pas d'amuser la galerie médiatique, elle insiste sur les heures de travail que lui impose sa campagne et qui la poseraient en candidate «crédible». Bavarde, elle disserte à l'envi sur le mandat de Nicolas Sarkozy et ses airs de «Titanic», le déficit commercial, ou les remèdes qu'elle prescrirait au pays pour soigner son économie et éradiquer le chômage. Un programme en 18 points qu'elle revendique clairement à gauche.
Engagements précis
Si cette ancienne militante associative est motivée, elle n'est pas inconsciente. Emménager à l'Elysée n'est pas dans son agenda et sa candidature s'éteindra le 16 mars, date limite pour déposer 500 parrainages auprès du Conseil constitutionnel. Elle savait d'avance cette mission impossible et a préféré l'épargner à ses troupes. «Ça ne servait à rien de dépenser du temps et de l'argent pour un objectif que nous ne pouvions pas atteindre», évacue-t-elle. Le but de sa campagne paraît donc ailleurs. «Nous voulons être la mouche du coche du PS, explique-t-elle. En période de campagne, nous entendons toujours de nombreuses intentions, mais au moment de gouverner, les questions LGBT deviennent la cinquième roue du carrosse. Nous attendons de la part de la gauche des engagements précis et des délais pour l'adoption des lois». Elle affirme avoir eu, il y a quelques semaines, des contacts avec des proches de François Hollande, qui seraient maintenant aux abonnés absents. A l'avenir, elle se verrait pourtant bien secrétaire d'Etat d'un gouvernement de gauche, «pour mener une mission précise, sans doute en lien avec les droits LGBT. Ce serait la première fois qu'une personne trans intégrerait un gouvernement. C'est aussi un de mes objectifs: changer l'image des trans, toujours associée aux bas résilles et au bois de Boulogne.»
En attendant ce très hypothétique maroquin, elle peine à imposer sa candidature, dans l'opinion et parmi les homos. «C'est normal, mon nom n'est pas proposé dans les estimations de vote», se justifie-t-elle. Tetu.com le fait dans son sondage en ligne mensuel. Elle s'y retrouve dernière, scotchée à 0,2% des suffrages. «La communauté LGBT ne perçoit pas encore la nécessité d'un parti pour défendre ses droits, tente-t-elle. Les associations, dont beaucoup font un travail formidable, se disent apolitiques et restent très divisées. Pour peser, il faut être regroupé». Pas sûr qu'en 2012, le regroupement se fera autour d'elle...
23 FEVRIER 2012 -
Voici ce qu'on peut lire sur un groupe Facebook :
A une heure où, à l'instar de Vénussia Myrtil, une frange ultra-minoritaire des LGBT déclarerait se sentir proche de Marine Le Pen, un lien a circulé pas mal ces derniers jours. Il s'agit d'une publication tout à fait officielle du programme de campagne de la candidate du FN qui stipule noir sur blanc que son parti s'oppose à l'ouverture du mariage aux couples homosexuels mais ne reviendra pas sur le PACS. Tollé, légitime, chez les associatifs et les médias LGBT. Tollé aussi chez les LGBT, parfois presque comme si c'était une découverte que le FN est homophobe...
Mais qu'attendaient-ils donc ?
Avons-nous tous désormais la mémoire si courte pour oublier que Marine Le Pen est la représentante d'un parti traditionnaliste, nationaliste, à tendance xénophobe ?
Ou sommes-nous tous devenus suffisamment stupides pour croire que la "modernisation du FN" par la fille de son président d'honneur et fondateur en ferait un parti fréquentable par les LGBT ?
Il y a sans doute chez les LGBT, comme dans le reste de la population, des personnes racistes, nationalistes, antisémites, islamophobes etc. Après tout, ce n'est pas parce qu'on est soi-même discriminé qu'on n'est jamais discriminant, ça se saurait. Il y a sans doute aussi chez les LGBT, comme dans le reste de la population, des déçus de la politique qui ne se retrouvent ni à gauche (au sens large), ni à l'UMP. Et puis il y a aussi tous ces LGBT qui ne se retrouvent pas dans la partie visible de la "communauté" LGBT, que ce soit parce qu'ils la trouvent un peu trop tapiole ou un peu trop militante, quand bien même elle s'appellerait Gaylib' et serait dûment estampillée à droite et pas forcément toujours très "queer".
Oubliant allègrement que le Front National, même policé en surface, même modernisé, est encore le parti de Bruno Gollnisch, d'extrêmistes nazifiant pires que lui (notamment de personnes qui estiment que, je cite, "On peut penser ce qu’on veut d’Adolf Hitler qui a effectivement fait quelques erreurs durant son mandat, mais lui au moins n’a pas eu besoin de se “dé-diaboliser” face à ses opposants pour se faire élire par son peuple et reconstruire l’Allemagne! Lui au moins, il avait un programme et des idées claires!”, Fin de citation*), certains déçus évoqués plus haut en viennent donc à perdre, au choix, tout esprit critique, tout amour-propre, toute notion de responsabilité, toute notion d'humanité, toute intelligence ou bien les cinq en même temps d'ailleurs... (NdA: Ce ne sont que des hypothèses, hein, je ne sais pas, puisque les raisons qui peuvent pousser un LGBT a voter FN me demeurent, personnellement, insondablement absconses. Alors, j'essaie d'imaginer comme vous le voyez.)
Bref, voilà qu'un jour, ceux là se posent cette question consternante pour au moins 82% de la population française (si on s'en tient au score chiraquien de 2002) : "Pourquoi pas Marine ?"
Marine Le Pen n'est pas une novice en politique. Inscrite au FN depuis 1986, elle en est devenue une candidate électorale dès 1992, à 24 ans. Juriste de formation, elle est avocate de 1992 à 1998 au barreau de Paris, année à laquelle elle devient conseillère régionale du Nord-Pas-de-Calais. Elle prend réellement son envol au sein du parti au soir du second tour de 2002, lorsque les médias la découvrent alors qu'elle remplace au pied levé un intervenant local du parti indisponible pour réagir au résultat. Comme son père c'est un animal politique et un tribun médiatique, d'une présence redoutable en plateau télé.
Deux fois divorcée, elle incarne, forcément, une aile du parti en rupture avec la frange "dure", la plus classique du FN, profondément traditionnaliste chrétienne antisémite et raciste. La logique idéologique aurait voulu qu'elle soit écartée de la direction du parti. D'ailleurs, certains s'y sont essayés. En vain. N'ayant pas d'autre formation politique où s'exprimer, ils filent droit sous sa direction, même s'ils n'en pensent pas moins (Pas difficile de tomber sur des forums éloquents quand ont fait des recherches sur le FN et c'est dingue tout ce qu'on peut y lire.).
Sauf que ses statuts de fille du fondateur du parti, de femme active et mère de famille, divorcée de surcroît et quelques positions atypiques au sein du FN sur la nécessité d'un Islam français, l'avortement, un slalom permanent entre l'anti-intellectualisme Lepéniste fondateur du FN et une forme d'intellectualisme orienté pro-FN (du même ordre réflexif que l'intellectualisme d'un Christian Vanneste) et surtout sa capacité à éviter les dérapages de langage coutumiers de son père ou de Bruno Gollnisch vont lui permettre de s'ouvrir les portes des médias plus que son père n'était jamais parvenu à se faire ouvrir.
Fascination malsaine pour tout ce qui est nouveau, souriant, jeune et dynamique d'un Landerneau très influent qui fonctionne sur le choc, le clivage, l'antagonisme et l'émotion forte pour se vendre et, sans toujours bien s'en rendre compte, vendre ceux dont ils parlent.
Et devant le succès médiatique de Marine, l'appareil du parti, sous l'impulsion du père, a été bien obligé de lui ouvrir également ses portes. Electoralisme oblige. En 2007, elle devient vice-présidente chargé des affaires intérieures, c'est à dire de la formation des cadres du parti, de la communication interne et externe et de la propagande.
Elle dit ne pas vouloir du mariage pour et de l'adoption par les couples homosexuels mais ne pas vouloir revenir sur le PACS (Ce qui fait de son programme, sans aucun doute et malgré le tollé d'indignation qu'il suscite, le programme le plus LGBT friendly de tous ceux présentés par le FN lors d'une élection depuis sa création en 1972.), mais il ne faut pas s'y tromper : derrière l'image et le discours cosmétiques et populiste de sa présidente le Front National, c'est toujours ce parti dirigé, par des bourgeois de profil fascisant, qui accueille très largement en son sein des éléments qui regrettent l'Occupation, la mise en quarantaine ou la déportation des juifs, des homosexuel(le)s (et vraisemblablement des transgenres), des opposants à son courant de pensée et le bruit des bottes.
Alors aux LGBT qui poussent des cris d'orfraie en "découvrant" à travers le programme bleu Marine, que le FN est un parti homophobe, je réitère ma question : mais à quoi vous attendiez vous donc d'un parti extrémiste ?
Et aux LGBT qui voudraient voter pour la blonde au sourire carnassier : si on vous demandait de courir un marathon, vous vous tireriez vraiment une balle dans le pied au préalable vous ?
Et si vous désirez en savoir plus sur le FN et/ou sur Marine Le Pen, vous pouvez consulter pendant une semaine encore l'excellent reportage de France Télévision : Marine Le Pen l'histoire d'une héritière.
* je m'en réfère à cet article d'Audrey Banegas, journaliste consciencieuse, publié sur Mediapart par Judith Silberfeld, autre journaliste consciencieuse, au sujet du cas Vénussia Myrtil cité en début d'article.
23 FEVRIER 2012 –
François Hollande cherche un nouveau souffle
François Hollande n'a pas encore trouvé la pierre philosophale. Celle qui lui permettra non pas de changer le plomb en or mais de passer du rejet de Nicolas Sarkozy, qui le porte, à l'adhésion à sa personne, qu'il recherche. Le candidat socialiste l'expliquait d'ailleurs ce week-end en Corrèze: la présidentielle s'apparente à un référendum contre le président sortant. Mais il ajoutait: «Le référendum est un rejet et un choix.» Il espère que les Français se tourneront vers lui de manière positive: «Le choix est pour moi.» À l'heure où les deux camps observent l'évolution des sondages, François Hollande poursuit sa campagne sans vouloir s'inquiéter.
Pour l'instant, donc, ça ronronne. Le candidat socialiste décline son projet de manière thématique. Mercredi 22 février, il a rendu visite à l'association AC Le Feu, dans un squat parisien. Dans l'après-midi, il se trouvait dans l'Essonne pour parler de la recherche. Jeudi, il est en Mayenne pour évoquer les questions d'agriculture. La semaine prochaine, il sera au Salon de l'agriculture, puis ira à Londres. Souvent, le même cérémonial se répète, ou presque: entouré d'une nuée de journalistes, il décline ses propositions et éventuellement dit son mot sur la polémique du jour. Puis, parfois, il participe à une table ronde. Et, à la fin de la journée, il tient un meeting.
Sauf que, depuis une semaine, le contexte a changé, avec la candidature de Nicolas Sarkozy. La question se pose d'adapter la campagne socialiste… Officiellement, la réponse est non. «Nous avons notre propre rythme, notre propre temporalité», assure le porte-parole Bernard Cazeneuve. «Nous n'allons pas faire campagne en fonction de celle de Nicolas Sarkozy et de sa stratégie de Dark Vador: musique martiale, on brandit des lances… C'est le bruit, le tohu-bohu, l'agitation et la Guerre des étoiles en permanence.»
Le ton se durcit
Dans l'équipe Hollande, on assure néanmoins avoir anticipé cette «séquence Sarkozy». On entre dans une nouvelle phase», reconnaît la députée de l'Indre-et-Loire Marisol Touraine. «Après l'installation (à la suite de la primaire), après le lancement de la campagne (en janvier), on entre dans la phase de la confrontation. Il semble que l'on aille vers un match à deux.» C'est ce que pronostiquent les sondages qui placent en tête Hollande et Sarkozy. Le candidat socialiste s'attend-il à un rebond du chef de l'État? «Il va prendre un point avec les ralliements de Christine Boutin et Hervé Morin», relativisait-il, il y a quelques jours, en continuant d'insister, souvenir du 21 avril oblige, sur l'importance du premier tour.
Mais, autour de lui, on évite désormais de se fixer comme objectif d'être en tête le 22 avril et on relativise les conséquences d'une éventuelle inversion des courbes. «On peut être en tête au premier tour et ne pas avoir de réserve de voix pour le second», fait-on remarquer. Il faut tenir encore deux mois. Mais pas question pour l'heure de faire de nouvelles propositions. «Je pourrais en présenter d'autres mais je ne veux pas lasser», a prévenu Hollande mercredi en meeting à Évry, signe que la question est posée. Hormis quelques détails, par exemple, sur la décentralisation en mars, ou pour réagir à l'actualité. «Nous n'allons pas réécrire les 60 propositions, mais il n'est pas exclu qu'à tel ou tel moment de la campagne nous puissions exprimer des idées nouvelles», explique prudemment Cazeneuve. «Une campagne, ce n'est pas l'organisation d'une espèce de bouquet final permanent.»
Si le fond reste le même, le ton se durcit. Maintenant que Hollande a un adversaire qui lui répond, ses critiques en paraissent plus virulentes. Par exemple, la charge sur «l'impartialité de l'État». Avant l'entrée en lice de Sarkozy, il avait déjà envisagé des changements dans l'administration sans avoir beaucoup d'écho. Désormais, ses propos font polémique. Dans Acteurs publics, il dénonce «les nominations politiques, surtout au ministère de l'Intérieur et à la Chancellerie». Il n'en faut pas plus pour qu'à droite on s'indigne et qu'on l'accuse de vouloir mener «une chasse aux sorcières». Que François Hollande le veuille ou non, le paysage de la présidentielle a changé.
23 FEVRIER 2012 –
Vanneste n'est pas exclu mais quitte l'UMP
Le parti présidentiel n'a pas tout à fait tenu parole. Le bureau politique de l'UMP a évité d'exclure Christian Vanneste hier malgré la levée de bouclier provoquée la semaine dernière par les propos du député nordiste.
Christian Vanneste avait évoqué, sur un site internet, « la légende de la déportation des homosexuels en France » pendant la deuxième guerre mondiale, une thèse réfutée par les historiens.
En revanche, l'UMP a, comme prévu, décidé d'investir un autre candidat dans la 10e circonscription du Nord. C'est Gérald Darmanin, directeur de cabinet du ministre des Sports David Douillet, qui sera proposé à la commission des investitures le 28 février.
Mais le jeune Tourquennois, qui souhaite être « loyal » vis-à-vis de Christian Vanneste, affirme qu'il ne se présentera pas si le député sortant brigue un nouveau mandat sans l'UMP. Christian Vanneste a d'ailleurs annoncé hier soir qu'il quittait le parti de lui-même, content de « quitter un tel machin ».
22 FEVRIER 2012 –
Sarkozy : 5 propositions pour une France forte
Ce 22 fevrier, Nicolas Sarkozy était l’invité de David Pujadas au journal télévisé de 20h de France 2. Dans une longue interview, le chef de l’Etat a avancé cinq propositions fortes car « pour qu’une campagne soit utile, il faut qu’il y ait une confrontation des idées. Les Français doivent avoir la possibilité de choisir entre des projets, entre des personnes, entre des tempéraments » a-t-il affirmé.
Réformer la prime pour l'emploi, tout d’abord. C'est la principale proposition du Président de la République alors que « cette prime ne marche pas » et que « reprendre un emploi doit toujours plus être plus payant que l’assistanat ». La méthode : alléger les charges sur les bas salaires, entre 1 200 et 1 400 euros nets par mois. Cela devrait permettre aux 7 millions de salariés concernés de « gagner 1 000 euros par an en plus ».
Deuxième proposition : donner du travail aux bénéficiaires du RSA. « Avec François Fillon, nous avons créé le RSA, il coûte 10 milliards d’euros à la collectivité et aide 1,8 millions de personnes. Il a rempli parfaitement son travail en matière de lutte contre l'extrême pauvreté ». Mais « le RSA n'est pas suffisant pour réintégrer les gens dans le travail ». C’est la raison pour laquelle le chef de l’Etat propose désormais que les bénéficiaires du RSA sans aucune activité consacrent 7 heures de travail d’intérêt général par semaine, rémunérées au niveau du smic. C’est tout l’enjeu de la réinsertion dans le travail et « c'est la logique des droits et des devoirs » a t-il ajouté.
Troisième proposition : rendre publiques plus de données salariales de l’entreprise. Nicolas Sarkozy propose de rendre la politique salariale des entreprises plus transparente en rendant obligatoire la publication des écarts de salaire au sein d'une même société, en plus des salaires de ses dirigeants.
Quatrième proposition : faire de la troisième année du bac professionnel une année en apprentissage dans les entreprises. Le chef de l'État entend pour cela s'appuyer sur l'augmentation des quotas d'apprentis en entreprises, annoncée lors du sommet social au mois de janvier dernier. « Le travail, l’effort, le mérite, c’est la réponse à la crise » a-t-il expliqué.
Dernière proposition avancée par le Président de la République : interdire les retraites chapeaux et les parachutes dorés. C’est un appel à la responsabilité que le Président de la République a ainsi lancé alors même qu’« une partie des dirigeants ne veut pas comprendre que le monde a changé ».
C’est aussi un message de détermination et de totale implication que Nicolas Sarkozy est venu délivrer ce mercredi aux Français. « Je me suis engagé dans mes fonctions à un point que vous n’imaginez pas ». « Le jour où on imagine que l’échec n’est pas possible alors ce jour-là, dans sa vie professionnelle comme personnelle, on perd ce à quoi on est attaché. » A chacun de comprendre que c’est bien à la France forte que le Président de la République entend ne jamais renoncer.
22 FEVRIER 2012 -
Hollande, candidat de l'égalité des sexes ?
Selon un sondage publié ce mercredi, les socialistes et leur candidat sont considérés comme les plus à même de promouvoir l'égalité hommes-femmes.
Le Parti socialiste et son candidat François Hollande apparaissent comme les mieux à même de «promouvoir l'égalité entre les femmes et les hommes», suivis du Front national de Marine Le Pen, selon un sondage Mediaprism pour l'organisation féministe Le Laboratoire de l'Egalité.
A la question «quel parti vous semble le plus promouvoir l'égalité entre les femmes et les hommes?», 22% des sondés répondent «le Parti socialiste» tandis que 15% estiment que c'est le Front national qui est en pointe dans ce domaine.
Vient ensuite Europe Ecologie/Les Verts, dont le candidat est aussi une femme, Eva Joly, avec 13% des sondés.
EELV est suivi de près par le Front de gauche de Jean-Luc Mélenchon (12%), de l'UMP et du Modem (11% chacun) et de Lutte ouvrière dont la campagne est conduite par une femme Nathalie Arthaud (8%).
Viennent ensuite les autres mouvements écolos (comme Génération écologie), qui remportent l'adhésion de 4% des sondés, le Parti communiste (2%), le Nouveau centre, le NPA, le Parti radical, le PRG et le Mouvement pour la France (tous à 1%).
A la question de savoir : «Parmi les candidats ou probables candidats à l'élection présidentielle, laquelle ou lequel vous semble le plus à même de mettre en oeuvre l'égalité femmes-hommes ?», c'est François Hollande qui arrive en tête (23%), suivi de loin par Nicolas Sarkozy (14%).
Ce dernier est suivi de près par Marine Le Pen (13%) et François Bayrou (13%), puis par Eva Joly (12%).
Viennent ensuite Jean-Luc Mélenchon (10%), Corinne Lepage (8%), Christine Boutin (5%), qui a, depuis l'enquête, retiré sa candidature, Dominique de Villepin (1%) et de Philippe Poutou, du NPA (1%). Nicolas Dupont-Aignan comme Hervé Morin (qui n'est plus candidat) font un score de 0%.
Pour autant, 74% des personnes interrogées estiment que l'égalité «n'est pas une idée marquée politiquement», contre 23% qui la jugent «plutôt de gauche» et 3% «plutôt de droite».
Enquête réalisée par internet du 6 au 10 février auprès d'une communauté de 1 186 internautes, échantillon redressé de façon à assurer la représentativité des répondants (âge, sexe, catégorie socioprofessionnelle, lieu de résidence).
22 FEVRIER 2012 –
Christian Vanneste critique l'UMP
qui a annoncé son retrait de la vie politique
Le député UMP du Nord Christian Vanneste en veut aux dirigeants de l'UMP d'avoir annoncé, mercredi 22 février, qu'il allait "quitter la politique".
Le bureau politique de l'UMP devait se prononcer, mercredi matin, sur son exclusion à la suite des propos tenus sur "la légende de la déportation des homosexuels en France". "Il nous a informés qu'il renonçait à son investiture et il nous a donné sa parole d'homme qu'il allait quitter la politique", ont annoncé en début de réunion Jean-François Copé, le secrétaire général du parti, et Marc-Philippe Daubresse, secrétaire général adjoint. Cette décision de M. Vanneste suspend de ce fait la procédure d'exclusion qui devait être engagée à son encontre.
"Copé a déformé mes propos !", proteste le principal intéressé. Selon Marc-Philippe Daubresse, "Bernard Gérard, secrétaire fédéral UMP du Nord, a eu une longue conversation avec Vanneste. Il a dit qu'il allait se retirer de la compétition législative et qu'il quittait l'UMP. Donc acte. Si c'est vérifié, il n'y a plus lieu d'exclure. Si cela n'est pas vérifié, Jean-François Copé en tirera les conséquences."
M. Copé, lui, indique que "Christian Vanneste a fait connaître à Marc-Philippe Daubresse et Bernard Gérard, secrétaire fédéral UMP du Nord, son intention de ne pas solliciter l'investiture de l'UMP aux prochaines élections législatives. En conséquence, l'UMP a investi un nouveau candidat : Gérald Darmanin."
"UN POIS CHICHE DANS LA TÊTE"
"J'ai bougrement envie de quitter ce marigot le plus rapidement possible", reconnaît Christian Vanneste. "En novembre, j'ai déjà fait savoir mon intention de mettre un terme à ma carrière parlementaire, mais l'UMP a insisté pour me retenir. Aujourd'hui, l'exécutif du parti veut m'exclure et utilise depuis une semaine tous les moyens pour faire pression sur moi et me faire partir. Je considère que ce n'est pas des manières et un manque de respect pour un vieux militant. Ce n'est pas au secrétaire général de l'UMP [Jean-François Copé] de prendre cette décision à ma place."
"Je prends mon temps pour rendre mes décisions et j'ai prévu de rencontrer ce soir les militants et cette semaine plusieurs maires", précise Christian Vanneste. "La méthode utilisée pour m'évincer n'est pas digne", poursuit le député, avant de lancer à l'intention du patron de l'UMP : "Il a un pois chiche dans la tête et pas la carrure d'un homme d'Etat."
"LA PUISSANCE MÉDIATIQUE DU LOBBY GAY"
"Le bureau politique, à l'unanimité, a condamné avec la plus grande force ces propos inacceptables, profondément choquants et intolérables", avait assuré Jean-François Copé mercredi 15 février. Sur TF1, Nicolas Sarkozy avait assuré quelques heures plus tard que "tout ce qui peut paraître de près ou de loin de l'homophobie, je l'ai en horreur".
M. Vanneste avait reproché à l'UMP de céder à "la puissance médiatique du lobby gay". "S'ils sont assez bêtes pour obéir à un lobby, ils commettront une erreur".
21 FEVRIER 2012 –
L'Assemblée vote le texte créant la "TVA sociale"
Les députés français ont adopté mardi par 301 voix contre 207 le projet de loi de finances rectificative pour 2012 qui prévoit notamment la création d'une "TVA sociale". Les groupes UMP et du Nouveau centre (NC) ont voté ce "collectif" budgétaire que le Sénat examinera à son tour mercredi.
Les groupes UMP et du Nouveau centre (NC) ont voté ce "collectif" budgétaire que le Sénat examinera à son tour mercredi.
Les groupes PS et Front de gauche ont voté contre. L'opposition de gauche avait mené une longue bataille contre le texte, défendant un à un ses nombreux amendements après avoir tenté, en vain, de soumettre la "TVA sociale" à référendum.
Ce "collectif" budgétaire présenté par la ministre du Budget Valérie Pécresse reprend les principales mesures annoncées le 29 janvier par le président Nicolas Sarkozy.
Ainsi, outre la mise en place au 1er octobre prochain de la "TVA sociale", il prévoit la création au 1er août prochain d'une taxe sur les transactions financières, des annulations de crédits à hauteur de 1,2 milliard d'euros et une hypothèse du taux de croissance pour 2012 ramenée de 1 à 0,5%.
Le projet de loi prévoit également de supprimer les cotisations patronales affectées à la protection sociale -à hauteur de 13,6 milliards d'euros- et de les compenser par une hausse de 1,6 point de la TVA, à 21,2%, ainsi qu'une augmentation de deux points de la CSG sur les revenus du capital.
Cette mesure, qui avait été rejetée en commission des Finances faute d'un nombre suffisant de députés de la majorité, devrait s'appliquer au 1er octobre, après les élections présidentielle et législatives du printemps.
Un amendement prévoit que les achats de biens immobiliers sur plan resteront taxés à 19,6% si le contrat de vente a été signé avant le 9 février 2012, date de la présentation de ce texte en Conseil des ministres.
Le texte entérine également la création d'une taxe sur les transactions financières d'un taux de 0,1% qui s'appliquera dès le 1er août à toutes les transactions réalisées sur des actions de sociétés cotées dont le siège social est en France et dont la capitalisation est supérieure à un milliard d'euros.
Un amendement UMP-NC exonère de cette taxe les achats d'actions dans le cadre des dispositifs d'épargne salariale.
Ce "collectif" budgétaire comporte par ailleurs une série de mesures destinées à renforcer la lutte contre la fraude fiscale, propose des dispositions visant à développer les formations en alternance et fixe à 84,9 milliards d'euros le déficit prévisionnel pour 2012.
Il prévoit en outre un versement de 6,5 milliards d'euros au futur Mécanisme européen de stabilité (MES), destiné à se substituer en juillet au Fonds européen de stabilité financière (FESF).
Ce projet de loi devrait être définitivement adopté par le Parlement avant le 7 mars, date à laquelle députés et sénateurs interrompront leurs travaux pour cause de campagne électorale.
21 FEVRIER 2012 –
Bernard Debré:
«Une lopette, cela n'a rien à voir avec un homosexuel»
Le député UMP de Paris, en voulant dénigrer François Hollande, l'a comparé à une «lopette», un terme clairement homophobe. «Le retour du refoulé» réagit le militant David Auerbach Chiffrin.
Sa «grande gueule», il l'assume et même la revendique, en participant régulièrement à l'émission de radio du même nom, sur RMC. Mais cette fois, le député de Paris Bernard Debré (UMP) ne semble pas complètement la maîtriser, puisque assure ne pas comprendre le sens des mots qu'il a lui-même prononcés.
«On avait tous considéré qu'Hollande était une lopette»
Vendredi dernier, lors de cette émission, le député UMP s'exprimait sur la candidature de François Hollande à la présidentielle. «On avait tous (…) considéré qu'Hollande était une lopette, en disant c'était rien du tout, que c'était un ectoplasme, il va s'effondrer, eh bien pas du tout», a-t-il lancé.
Aussitôt, le collectif d'associations Total Respect–Tjenbé Rèd avait dénoncé l'usage du mot «lopette», et «s'indigne de ces propos, qui suivent de peu les nouvelles provocations homophobes de Christian Vanneste (autre député UMP), explique-t-il dans un communiqué. Elle proposera dans les meilleurs délais à son conseil fédéral de porter plainte en justice contre M. Debré.» L'association a déjà saisi le CSA.
«Je n'ai rien à voir avec Christian Vanneste»
L'équipe de campagne socialiste n'a pas souhaité réagir directement. En déplacement dans son fief de Corrèze, François Hollande, interrogé par la presse sur la violence de la campagne, a répondu vendredi: «Je ne veux pas me mettre à ce niveau (…) parce que je considère que ça finirait par lasser les Français.»
Le site du Parisien, en revanche, a obtenu Bernard Debré une précision sur le terme de «lopette», en niant le caractère homophobe de ce mot. «Une lopette, cela n'a rien à voir avec un homosexuel, a-t-il déclaré. On est complètement givrés maintenant! Arrêtons avec la censure des mots et surtout de leur donner un mauvais sens. Ne me comparez surtout pas à Christian Vanneste, je n'ai rien à voir avec ce type.» Le député UMP a voté contre le mariage des homosexuels et s'est prononcé pour le retrait des manuels scolaires évoquant l'identité de genre, et s'était fortement opposé en 2005 à la tenue des Gay games à Paris.
«Il faudra lui offrir un dictionnaire»
«Si Bernard Debré ne connaissait pas le sens de ce mot, c'est bien le seul, réagit David Auerbach Chiffrin, le porte-parole de la fédération Total Respect. C'est étrange, c'est pourtant un homme cultivé. Admettons, il faudra se cotiser pour lui offrir un dictionnaire.»
Le militant pointe, à raison, que «péjoratif» pour «homosexuel» est précisément la première définition fournie par les dictionnaires pour le mot «lopette» – il provient même du terme «lope» utilisé au 19e siècle pour dénigrer les homosexuels! David Auerbach Chiffrin écrit encore: «J'y vois une sorte de retour du refoulé de la part de M. Debré (…), mal dissimulé par le “tous contre Vanneste” soudainement entonné par l'UMP alors que l'intéressé tient constamment le même genre de propos depuis 2004.»